Ces différences ne sont pas des subtilités de spécialiste. Chacune de ces confusions se paie : en postes oubliés sur un devis, en travaux découverts trop tard, ou en regret quotidien pendant des années. Elles sont écrites sans ironie, parce que tout le monde arrive avec elles.
Mélaminé, stratifié, laqué
On croit Que ce sont trois niveaux de qualité, du moins cher au plus cher, et que le plus cher est aussi le plus résistant.
En fait Ces trois mots ne décrivent ni la même fabrication, ni la même surface. Le mélaminé est un papier décor imprégné de résine, pressé directement sur le panneau, et le premier cran de nos façades. Le stratifié, lui, est une feuille faite de plusieurs couches pressées ensemble avant d’être collée sur un panneau, et le mot est surtout celui des plans de travail. Quand cette feuille est épaissie au point de se passer de panneau, on l’appelle compact. « Laqué » recouvre enfin deux objets différents : un film laqué thermocollé sur le panneau, et une laque projetée puis cuite en plusieurs couches, dont les chants peuvent être laqués avec la face.
Ce que ça change. Deux devis peuvent écrire « laqué » pour deux façades qui n’ont ni la même fabrication ni le même prix : le mot ne suffit pas, il faut la famille. Et le plus cher n’est pas le plus résistant au quotidien : une laque brillante foncée montre les traces de doigts et les micro-rayures qu’un mélaminé mat clair efface. D’une famille à l’autre, le meuble ne change pas : même caisson, même charnière, même garantie.
Le caisson et la façade
On croit Qu’on achète une cuisine, c’est-à-dire ce que l’on voit en entrant dans la pièce.
En fait Un meuble de cuisine est fait de deux objets superposés. Le caisson est la boîte : les deux côtés, le fond, le dessus et le dessous, plus la quincaillerie qui la fait fonctionner, charnières et coulisses. La façade est la porte ou le devant de tiroir qui vient se poser dessus. On paie les deux, et l’on ne regarde presque toujours que le second. Le caisson porte le poids et tient l’équerre ; la façade se voit.
Ce que ça change. Deux devis affichant le même total peuvent ne pas porter le même caisson, et rien de tout cela ne se lit sur une photo. Les lignes à demander quand on compare : l’épaisseur des côtés, la façon dont le dos est tenu, la qualité des coulisses et des charnières, le nombre d’ouvertures que la quincaillerie est éprouvée à encaisser. Le coloris du caisson, lui, est une décision à part entière : il se voit chaque fois qu’un tiroir s’ouvre, et il ne se choisit pas sur un écran.
« Cuisine équipée » et « cuisine aménagée »
On croit Que l’une des deux expressions garantit la présence des appareils, et qu’il suffit de repérer le bon mot sur une publicité.
En fait Aucune des deux n’a de définition légale. L’usage courant réserve « aménagée » aux meubles et au plan de travail, et « équipée » à cette même cuisine avec ses appareils encastrés. Mais l’usage n’engage personne : seule la liste écrite sur le devis engage celui qui l’a écrite.
Ce que ça change. Le mot ne dit pas si le four, la plaque, la hotte, le lave-vaisselle, le réfrigérateur, l’évier et le mitigeur sont dedans, ni s’ils sont posés et mis en service. La bonne question n’est donc pas « est-elle équipée ? » mais « que contient exactement cette ligne, appareil par appareil ? ». Sur nos devis, l’électroménager est chiffré référence par référence et jamais fondu dans un total, ce qui permet de l’arbitrer sans toucher au reste.
Livrée montée, ou en kit
On croit Que « prêt-à-poser » veut dire « à monter soi-même », et que c’est la même chose qu’un meuble en kit acheté en grande surface.
En fait Prêt-à-monter et prêt-à-poser sont deux choses différentes. Un meuble en kit arrive à plat et s’assemble chez vous, panneau par panneau. Les caissons de notre fabricant allemand arrivent montés : panneaux assemblés, dos en place, charnières et coulisses réglées, façades et tiroirs posés. Vous ne montez pas le meuble, vous le fixez.
Ce que ça change. Sur le chantier, ce n’est pas le même travail ni le même temps. Sur le résultat, l’équerre d’un caisson monté en atelier ne dépend pas de votre serrage, alors qu’un meuble assemblé de travers sur un sol irrégulier garde son défaut pendant des années. Et sur la livraison, un caisson monté est encombrant : une porte étroite, un couloir coudé ou un escalier tournant se mesurent en même temps que la pièce, sans quoi le meuble reste sur le trottoir. L’encombrement est la contrepartie du montage en usine.
Poser soi-même, ou faire poser
On croit Que poser soi-même revient à économiser le montant de la main-d’œuvre, et que le calcul s’arrête là.
En fait Le calcul complet compte trois lignes de plus que la main-d’œuvre : le métré à domicile, la livraison dans la pièce et le taux de TVA. Ce dernier n’est pas le même selon que les meubles sont fixés par vous ou par nous. Le site traite cette comparaison ailleurs, et cette page ne la refait pas.
Ce que ça change. Assez pour que la réponse ne soit pas la même d’un projet à l’autre. Une cuisine linéaire contre des murs sains, avec les réseaux déjà en place, n’appelle pas la même décision qu’un îlot avec une évacuation à créer ou qu’un plan de travail en pierre. Entre les deux, l’Assistance de pose partage le travail : vous portez, déballez, présentez les meubles et nettoyez ; notre installateur prend les gestes qui ne pardonnent pas.
La TVA à 10 % et celle à 20 %
On croit Que le taux se négocie, ou qu’une enseigne peut « offrir la TVA ».
En fait Le taux dépend de la loi et de votre logement, pas du vendeur. Le taux réduit de 10 % vise les meubles fixés au bâti et leur pose, dans un local d’habitation achevé depuis plus de deux ans, lorsque la même entreprise fournit et pose. L’électroménager reste à 20 %, même encastré et livré le même jour, et une cuisine vendue sans pose est à 20 % sur l’ensemble. Les conditions exactes, ce qui reste à 20 % et ce que vous signez pour le certifier sont écrits ailleurs, avec leurs exclusions.
Ce que ça change. Dix points d’écart sur une partie du devis, et ils se gagnent ou se perdent au moment où l’on choisit qui fixe les meubles. Une « TVA offerte » désigne une remise commerciale : la taxe reste due au Trésor. Et le taux se lit sur chaque ligne du devis, jamais en bas d’un total.
Le prix d’appel et le prix du projet
On croit Que la cuisine annoncée au prix le plus bas est celle que l’on emportera, à peu de chose près.
En fait Un prix d’appel décrit une cuisine précise, choisie pour être annonçable : un nombre de meubles donné, une longueur donnée, une famille de façade d’entrée. Souvent, cette cuisine vient sans plan de travail, sans électroménager, sans livraison et sans pose. Il situe une enseigne sur le marché. Il ne chiffre pas votre pièce, qui n’a ni la même longueur, ni les mêmes angles, ni les mêmes réseaux.
Ce que ça change. Deux devis qui affichent le même total peuvent différer de plusieurs mètres de meubles. Les totaux ne se comparent pas. Cinq lignes se comparent : le nombre de meubles et leurs dimensions, la famille de façade, la matière et l’épaisseur du plan de travail. Puis la présence ou non de la pose et de la livraison, et le taux de TVA de chaque ligne. Nous ne publions pas de prix d’appel, et nous n’affichons ni prix barré ni pourcentage de remise : une remise ne veut rien dire tant que le prix de départ n’est pas connu.
En L, en U, linéaire, avec îlot, avec péninsule
On croit Qu’un îlot est une question de goût et de budget, et qu’il tient dès que la pièce est grande.
En fait Un îlot est d’abord une question de place ET de réseaux. Chaque implantation demande deux choses : une longueur de mur, et un passage libre devant tout ce qui s’ouvre, porte de four et porte de lave-vaisselle comprises. Un îlot ajoute une deuxième face de meubles, un plan plus grand, et souvent une évacuation ou une alimentation à créer. Une péninsule rend un service voisin en gardant un côté contre le mur : moins de passage à réserver, moins de réseaux à déplacer.
Ce que ça change. L’erreur courante est de vouloir un îlot dans une pièce qui ne peut pas le porter : on gagne un plan de travail et on perd la circulation. Un four s’ouvre alors en travers du passage, un lave-vaisselle bloque un tiroir. Le surcoût, lui, n’est pas dans l’îlot mais dans ce qu’il entraîne : la plomberie, l’électricité, parfois le sol. La réponse vient donc du relevé et non du dessin, et la question se pose au premier rendez-vous plutôt qu’au dernier.
La garantie du meuble et celle de l’ouvrage
On croit Qu’une cuisine est « garantie dix ans », et que cela recouvre tout ce qui pourrait arriver.
En fait Deux périmètres distincts se superposent. Le meuble : chez nous, la garantie OXIA de dix ans, adossée à l’engagement de notre fabricant, sous réserve d’une pose et d’un entretien conformes. L’ouvrage, c’est-à-dire les travaux qui créent quelque chose (un réseau électrique, une évacuation déplacée, une cloison) : il relève de la garantie décennale de l’artisan qui le réalise. À quoi s’ajoutent toujours les garanties légales, que personne ne peut retirer, et les garanties propres aux fabricants d’électroménager, d’évier et de robinetterie.
Ce que ça change. Le jour où quelque chose ne va pas, la question n’est pas « qui est fautif » mais « qui répond ». Une enseigne qui annonce dix ans sans dire qui est le garant renvoie souvent vers un fabricant avec lequel vous n’avez signé aucun contrat. Autre malentendu fréquent : poser des meubles dans une pièce existante ne relève pas de la garantie décennale. Une attestation de décennale présentée pour rassurer sur une pose de meubles ne couvre pas ce qu’elle laisse croire.
Le mat, le brillant, et les traces de doigts
On croit Que le mat ne marque pas et que le brillant marque, et que la question s’arrête là.
En fait La matité se joue sur la couche de surface, pas sur le panneau : deux façades de même matière et de même épaisseur peuvent être l’une mate et l’autre brillante. Surtout, ce n’est pas le mat qui décide, c’est la teinte. Un mat clair ou moyen efface presque les traces ; un mat très foncé les garde, sauf revêtement anti-traces. Un brillant clair ne montre presque rien ; un brillant foncé montre tout, traces, calcaire autour du mitigeur et fines rayures en lumière rasante.
Ce que ça change. Cette confusion est le premier regret que l’on nous rapporte, et il se vit chaque jour, pendant des années. La question à poser avant la commande n’est donc pas « mat ou brillant » mais « clair ou foncé, et avec ou sans revêtement anti-traces ». Ce revêtement n’équipe pas toutes les familles de la même façon : cela se vérifie façade par façade, jamais par famille entière.